À 23 ans, Nicolas passait la majorité de son temps, à conduire une moissonneuse- batteuse. Sur son siège, tout là haut, il dominait un monstre ! C'était sa passion. Il croquait la vie à pleines dents pour profiter de ses plus belles années. On ne vit qu’une fois ! Il aimait aussi faire la fête, profiter de tout ce que l’existence lui proposait. C’était la moto, les fêtes avec les copains-copines et les soirées bien arrosées. C’est lors d’une de ces soirées de fête où l’alcool avait coulé à flot, qu’il était reparti, tard le soir sur sa moto. Il avait seulement posé son casque sur la tête sans le fixer ! C’est ainsi que ce gamin avait failli voir sa vie, tout juste commencée, s’arrêter brutalement au bord d’une route. Le cocktail, fatigue, alcool, euphorie, sommeil, allait provoquer un accident pendant lequel le casque, non attaché, fut éjecté. Et c’est la tête de Nicolas, qui vint heurter violemment un fossé .
Son nouveau rêve serait de créer une association de golf au sein du club de Tombeboeuf et pourquoi pas d'ouvrir une école Handigolf.
Nicolas était resté 45 jours dans le coma. À son réveil, il découvrait sans bien mesurer leurs conséquences, les séquelles dont il était atteint :traumatisme crânien, traumatismes divers, hémiplégie, troubles de la mémoire, de la concentration, du jugement et du comportement (angoisse, stress). Après cette période entre la vie et la mort, il avait effectué 4 ans d’hôpital et de rééducation intensive. Il avait passé les 3 premières années sur un fauteuil roulant ! Depuis il est suivi par le Service Médico Social pour traumatisme crânien. A la sortie du coma, Nicolas, n’avait pas pris conscience de la gravité de son état de santé. Il pensait qu’il allait bientôt pouvoir reconduire des moissonneuses batteuses. Il ne pensait qu’à cela. C’était son rêve ! Trois années lui avaient été nécessaires pour comprendre et accepter, qu’il ne pourrait plus jamais avoir une vie normale.
René Morgand Rédacteur et photographe Décembre 2008
Revivre avec Handigolf
Portrait de Nicolas Grossia
Pourtant, durant ces trois premières années il n’avait jamais baissé les bras, il s’était renseigné et avait même envisagé de reconduire une moto d’une seule main, d’acheter un quad. Il était toujours aussi inconscient de la gravité de son handicap. Aujourd’hui à 28 ans, il boîte, son bras gauche ainsi que sa main gauche sont fragiles et inutilisables, sans parler des troubles du comportement qui ne lui permettent pas encore, ni d’avoir une vie normale, ni de travailler. Depuis une année, il traverse la période la plus difficile, celle où il lui faut accepter de faire le deuil de tout ce qu’il aimait. De tout ce qui le passionnait ! Au début, il l’avait mal vécu, il se sentait isolé, coupé du monde. Le moral était atteint. Il n’avait plus d’envies. Avant il vivait avec des passions, aujourd'hui, il n'avait plus rien. La vie qui se pésentait à lui était vide, fade, sans goût ! Il y a 2 ans, alors qu’il était au Centre de Rééducation de Virazeil Marmande, Nicolas avait rencontré celui qui allait l’empêcher de capituler, de sombrer dans la déprime ! Nino Ourabah représentait « Handigolf ». Il était venu au centre, parler du golf et proposer une initiation à ceux qui le souhaitaient. C’est ainsi que Nicolas avait découvert le golf. Jouer au golf d’une seule main, n’a rien d’évident, mais il s’accroche. Nino Ourabah lui avait expliqué que c’était possible. Il lui avait parlé de tous ceux qui n’ont qu’un bras, comme Patrick,…...ou qu’une jambe, comme Manu,……, qui sont aveugles. De tous ceux « d’Handigolf » qui rivalisent chaque jour, sans aucun complexe, avec les valides. Pour multiplier les réussites, Nino Ourabah, effectue un travail admirable dans les centres de Rééducation, pour redonner l’espoir à beaucoup de « Nicolas », qui pensaient avoir tout perdu.
Sans trop y croire, Nicolas avait essayé. Au début c’était difficile, mais il avait la volonté et s’était accroché. Il avait pris goût au golf et avait découvert les bienfaits apportés, l’esprit du golf, la possibilité de jouer d’une seule main. Aujourd’hui il renaît, il reprend goût à l’existence. Il débute une autre vie, dans laquelle il se prouve à lui-même que le Nicolas nouveau, est « grand ». Qu’il a su surmonter ce qui lui semblait impensable, alors qu’il était sur le point de démissionner. Il a vite compris que le golf n’était pas un sport comme les autres. Que le golf permettait de gommer les différences avec les autres et que les joueurs valides avaient eux aussi « leur handicap » ! Que dans le golf, chacun des joueurs faisait sa partie et trouvait son plaisir quel que soit son niveau. Chacun pouvait se remettre en question, trouver la réussite, la mise en valeur et positiver. Depuis son accident Nicolas avait toujours l’espoir de s’en sortir. Avec les handicaps dont il souffrait, il était loin d’imaginer que c’était à travers le golf qu’il verrait enfin le bout du tunnel. Aujourd’hui, 5 ans après son accident et grâce à Handigolf, Nicolas a retrouvé la joie de vivre, et le plaisir de pouvoir côtoyer d’égal à égal, des gens valides.
Alors aujourd’hui, Nicolas pense même au futur car il a commencé une autre vie ! Grâce au Lot et Garonne avec une aide de la Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports, du golf de Barthe à Tombeboeuf et à son ami Nino , il peut assouvir sa passion pour le golf et continuer à se fortifier physiquement.
Visiteurs